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Légende de la Fontaine Sainte Anne.
Ce récit a été raconté par une
grand-mère qui a assisté à plusieurs processions. La
dernière a eu lieu en 1906 et elle y était.
Les mauvaises langues disent que Saint
Médard, habitant de Beyssenac, était l'amant de Saint Anne
qui demeurait à Ségur.
Un jour, par une chaude journée d'été,
Saint Médard vient voir sa maîtresse, il la rencontre à
l'aumônière. " Quelle chaleur ! , de ma vie je n'ai
jamais eu si soif dit Saint Médard. Je vais te faire un
cadeau lui dit Saint Anne ". Elle frappa du pied le
sol, l'eau coula et Saint Médard pu se désaltérer. Elle
donna en même temps des vertus thérapeutiques à cette
source. Cette eau soulage du mal chaud, du mal des yeux, de
toutes les douleurs et donne la fertilité aux femmes
stériles. Cette source est aussi très bonne pour les
maladies des entrailles des enfants.
Sainte Anne avait aussi le pouvoir, si
son amant le lui demandait de faire tomber ou cesser la
pluie. Cette légende était si forte qu'elle devint une
véritable croyance populaire.
Pour bénéficier des biens faits de
cette eau, il fallait assister " ou déléguer un
parent ou voisin " à la procession qui avait lieu le 8
juin, jour de la Saint Médard. Elle se déroulait avec une
grande solennité, en présence de la population et de
prêtres de 12 à 15 paroisses avoisinantes.
Le cortège partait de l'église de
Beyssenac, où se conserve une vieille statue de Saint
Médard que l'on portait à Ségur. En passant à
l'aumônière, devant l'oratoire de Saint Anne qui se trouve
à la fontaine, les porteurs déposaient la statue et chacun
demandait à Saint Anne par l'intermédiaire de Saint
Médard, de bénéficier des vertus de son eau pendant toute
l'année. Puis l'on déposait devant une petite croix
confectionnée avec un brin d'herbe ou un petit rameau. Il
fallait garder une petite partie pour témoin que l'on
gardait pour le jour où l'on reviendrait chercher l'eau,
car ce jour là on se contentait seulement du témoin.
Quand chacun avait dit sa prière et déposé sa croix, le
cortège descendait vers l'Auvézère, où les porteurs
plongeaient la statue dans l'eau et la débarbouillaient
vivement. Ensuite le cortège se rendait à l'église pour
assister à l'office. La statue, les portes croix, les
prêtres rentraient mais il est évident que l'église
était trop petite pour contenir tout le monde.
Puis la procession repartait vers
l'église de Beyssenac dans le même ordre qu'elle était
arrivée.
La dévotion à la source.
Après avoir assisté à la procession
précitée, ceci consiste, à faire le pèlerinage à la
fontaine, porter le témoin et demander à Saint Anne de
bien vouloir faire en sorte que son eau guérisse et soulage
des maux dont le ou la malade souffre. On se lave la partie
du corps correspondant, il faut boire l'eau pour le mal
chaud. Pour les femmes stériles, il faut venir à la
fontaine à jeun avant le lever du soleil et en lune
nouvelle, prier Sainte Anne et boire le plus possible d'eau.
Puis il faut se rendre à l'église et brûler un cierge.
Pour faire cesser ou venir la pluie.
C'est Monsieur le curé de Beyssenac qui
décidait d'une procession à n'importe quelle date, et
selon les circonstances. Saint Médard était présenté à
Sainte Anne pour qu'elle intervienne. Puis le Saint était
porté jusqu'à l'Auvézère pour le débarbouiller mais
l'on ne se rendait pas à l'église.
" Remarque " : au début du 19ème
siècle une vielle femme de Ségur, trouvant que monsieur le
curé ne se hâtait pas assez d'aller chercher la pluie,
décida d'y aller elle-même. Elle part pour Beyssenac,
rentre furtivement dans l'église, s'empare de la statue
qu'elle met dans un sac de jute. Puis elle charge ce sac sur
ses épaules et repart vers Ségur.
Chemin faisant, Médard se fait lourd, de
plus en plus lourd. Accablée par la fatigue et la chaleur,
la porteuse s'arrête à la Jarousse à l'ombre d'un
cerisier aux fruits frais et appétissants.
Elle dépose son fardeau en le mettant
debout contre l'arbre et tout en épongeant la sueur de son
front qui coulait, elle aperçoit les cerises tentatrices.
Une irrésistible envie, motivée par une soif impérieuse,
invite la brave femme à la régalade. Mais les branches
étaient un peu hautes et elle ne pouvait grimper. Comment
faire ? .
Réflexion faite, c'est Saint Médard qui
lui fera la courte échelle. Aussitôt pensé aussitôt
exécuté. Elle escalade la statue mais dès la première
enjambée, PATATRAS ! . Elle glisse à terre et Saint
Médard se retrouve avec un bras en moins. BAH ! dit-elle en
se relevant. Tu as beau avoir mauvais caractère, tu n'y
feras rien. Je suis plus entêtée que tu ne le crois et tu
ne m'empêcheras pas d'avoir ce que je veux. Et posant cette
fois un pied sur l'épaule et l'autre sur la tête du Saint,
elle atteint les branches et parvient à se percher dans
l'arbre. Elle se délectait depuis un moment quand tout d'un
coup, à la suite d'un faux mouvement, elle dégringola à
nouveau. On accourt à ses cris. Hélas ! la pauvre a le
bras fracturé à l'endroit même et du côté correspondant
à la cassure du Saint.
Elle ne fût complètement guérie que le
jour où l'on a eu réparé la statue de Saint Médard, et
peu de temps après elle mourut.
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