Les villages font la fête
«La vitalité retrouvée» A des centaines de kilomètres au sud-est, en Corrèze, Georges Macary
a contrarié le funeste destin de sa commune de Concèze, peuplée de 362 habitants à la moyenne
d'âge en pleine ascension, lorsqu'il en est devenu maire en 1989. « La place du village était
un terrain vague et même les toitures des bâtiments publics commençaient à rendre l'âme »,
raconte-t-il. Du coup, c'est sur ce point précis - la sauvegarde des services publics
que portent ses premiers efforts.
La
mobilisation générale est décrétée pour sauver la poste menacée de
fermeture. Tous les habitants jouent le jeu et le nombre d'opérations au
guichet est multiplié par cinq en quelques mois, tandis que des couvreurs
s'activent enfin sur la charpente de la mairie. Dans le même temps, une
garderie est ouverte à l'école, afin de dissuader les jeunes femmes de
scolariser leurs enfants dans les villages alentour, là où existe cette
prestation. Vite, une vingtaine de gamins rappliquent à Concèze, où un
lotissement d'une quinzaine de pavillons est aménagé pour redonner du sang
neuf : 50 nouvelles âmes au bout du compte. La municipalité achète cinq
autres appartements et pavillons pour augmenter l'offre locative, véritable
levier du développement 400 habitants aujourd'hui, contre 360 il y a dix ans et
une moyenne de sept naissances par an. < Cela n'a l'air de rien, mais c'est
déjà formidable de ne pas avoir perdu de population », explique Georges
Macary, qui se félicite surtout de la vitalité retrouvée au cœur du village
: malgré l'éparpillement de Concèze, qui regroupe une pléiade de 36 hameaux,
le centre-bourg est passé de 21 à 57 résidents. Et, à cet égard,
l'implantation d'un commerce multi-services et d'un café-restaurant a été
décisif, tout comme la création d' un centre de loisirs qui, cet été, a
rassemblé 50 enfants encadrés par 6 salariés.
« Les gens vont là où il y a la
lumière ». affirmait René Monory à propos de son Futuroscope, bâti en lieu
et place d'un champ de betteraves de la Vienne. Toutes proportions gardées,
l'adage vaut pour Concèze, enfouie parmi les vergers de la Corrèze, mais qui
attire à présent nombre de jeunes de la région, à la recherche d'un lieu de
vie où cultiver leurs racines. « L'émulation joue à plein rendement »,
constate Georges Macary, qui cite en particulier le foisonnement de la vie
associative. Animée par des dizaines de bénévoles, elle permet l'organisation
de fêtes mémorables. Telles ces floralies du printemps attirant 4 000
visiteurs et 70 exposants, ou encore cette fête de la framboise avec la
confection d'une tarte géante, qui est même inscrite au Guinness-book des
records. Mais en fait, c'est la vitalité retrouvée de Concèze qu'il faudrait
primer, en guise d'exemple à suivre.
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BENOÎT FIDELIN
A Concèze, les habitants ont su retrouver leur dynamisme, toujours dans la bonne humeur.
ARTICLE DU PELERIN MAGAZINE N° 6092 - 3 SEPTEMBRE 1999 |
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