Comme
les années précédentes, j’ai consacré mon dimanche à la
journée nationale du village à Concèze. Casse-croûte
substantiel le matin, en plein air ; Je ne fais qu’une frotte à
l’ail par an, c’est ce jour là, avec à la sortie, une
haleine assez chargée pour faire tomber toutes les mouches du
canton, plus besoin de "fly-tox".
L’évènement était
couplé avec le passage des cyclo touristes qui effectuaient la
"randonnée de la pomme", Concèze étant une halte
intermédiaire. La tête de ces gens arrivant sur cette petite
place et tombant sur toute cette bande de joyeux lurons en train
de faire ripaille, soignant leur cholestérol à grands coups de
tartines bien emplâtrées de rillettes. Quelques uns d’ailleurs,
salivant, se rapprochaient de plus en plus près de notre table,
pour quémander un bout de pain garni de fromage blanc, que,
grands seigneurs, nous leur offrions de grand cœur.
Pendant ce temps, sur le
plancher aménagé à cet effet, le groupe folklorique,
accompagné de ses deux jeunes talentueux accordéonistes, nous
ravissait par la qualité de leur démonstration, faisant preuve d’une
souplesse et d’une dextérité que j’ai perdue depuis belle
lurette.
En fin de matinée, après
un apéritif au petit goût de "reviens y", à base de
framboise, réputation oblige, il ne s’agissait plus de rigoler.
Le corrézien a pour réputation de bien se tenir à table, il ne
faut pas lui en promettre, nous allions donc vérifier sur le tas
ce qu’il en était.
L’attente ne fut pas
déçue, le bouillon arriva, servi chaud à souhait, non pas un
petit brouet clairet mais quelque chose qui se tenait, la louche
pouvait plonger et l’on ramenait du légume. La carotte dit-on,
donne bon teint et aussi belles cuisses, je ne sais si j’ai les
deux, mais je ne me suis pas privé d’en manger. Le chabrol
fait, (je m’y suis mis depuis longtemps), il pouvait se lire,
rien qu’à la couleur des visages, un début de contentement non
déguisé.
Une équipe de France Bleu
Limousin se tenait dans la salle et prenait quelques prises de
vues, s’apprêtant d’ailleurs à prendre le large. Le maire
les rattrapa et, fin madré, réussit à les retenir, quelques
prises de vue supplémentaires seraient toujours bénéfiques pour
la commune... et surtout à moindre frais. Pendant ce temps,
serveuses et serveurs bénévoles déposaient sur les tables de
gargantuesques plats de pot au feu. Les mandibules y allant bon
train, les conversations faiblirent quelque peu, mais non l’entrain
du groupe folklorique qui réussit à trouver assez de ressources
pour nous divertir.
L’estomac calé, le
bordeaux aidant, les conversations reprirent bon train, en
attendant fromage et dessert. J’en profitais pour glisser un
petit "poême" entre les mains de Mr Macary. J’ai du
le lire, tout confus et tout gêné. Le café arriva à point pour
aider les paupières à ne pas tomber davantage, accompagné de la
"potion magique", liquide incolore, mais non inodore.
Attention à ceux qui se laissent attraper, j’en ai fait partie,
aussi, je me suis méfié.
Concèze est un village
fleuri, pas d’une manière étriquée, mais abondante, arbustes,
massifs, parterres nous lancent une profusion de couleurs
chatoyantes. Une pensée pour les obscurs qui les entretiennent.
En vrai professionnel, Mr
Jarrige, le pépiniériste, de ses commentaires et conseils nous a
appris beaucoup de choses, les gens prenaient même des notes, c’est
pour dire.
Descente à la Fontaine St
Damien, mais à ce sujet, j’ai promis à Monsieur le Maire d’être
muet comme une ....carpe. Il comprendra.
La fin de l’après-midi
se précisait. Tout la journée, le soleil nous avait
accompagnés, mais maintenant un petit vent frisquet et
désagréable se levait, nous poussant à rentrer dans la salle
polyvalente pour la clôture de la journée. Tout a une fin, les
bonnes choses encore plus rapidement que les autres.
Mr Macary, dans sa petite
allocution de fin de journée, avait une parole gentille pour tout
un chacun, plus particulièrement pour Mr Terrasson, le
feuillardier, auquel il remettait un diplôme de la commune. Je
puis vous assurer qu’il était sincèrement ému de cette marque
de reconnaissance. Il regrettait également que Mr le curé de
Pompadour, n’ait pas pu venir plus tôt. Celui-ci lui répondit
que, bien qu’en étant au pèlerinage de Notre Dame de Partout,
il n’avait pas le don d’ubiquité.
Je pense avoir relaté
aussi fidèlement que possible la journée du village, simple sans
chichis, faire connaissance, communiquer, s’apprécier.
Alors à l’année prochaine