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Impression d’un habitué charmé par Concèze J’ai pris l’habitude de faire un compte rendu aussi fidèle que possible de cette journée, je ne vais donc faillir cette année. En 2003, nous étions à Corrèze pour le 10ème anniversaire des Journées nationales du village et ce sous une pluie battante. Ce n’était pas le cas aujourd’hui, la journée s ’annonçait chaude dans tous les sens du terme. N’oublions pas que cette riche et grande idée fut lancée par Charles Ceyrac, ce qui prouve que les villages peuvent être novateurs, sans que cela soit l’apanage des cabinets ministériels. A titre personnel, je déplore que cette journée ne soit pas plus suivie et permette aux communes de mieux s’identifier. Ceci dit, revenons au moins à notre casse–croûte, il y avait là une trentaine de gaillards qui n’étaient pas venus pour y faire de la figuration. Bien qu’il n’y avait que l’embarras du choix sur les tables pour subvenir à nos appétits, il faut bien dire que c’est la frotte à l’ail qui remporte le plus franc succès. C’est le morceau de bravoure du casse-croûte. Des esprits chagrins, vous diront dédaigneux que c’est tout juste bon pour des gens rustres et frustres. Je leur dit non et non, je sais que cela ne doit pas figurer au menu d’un Paul Bocuse, ni chez la mère Blanc à Wonnas, c’est peut-être un tort ! Connu de tous, je n’ai pas à vanter les vertus curatives de ce bulbe, qui plus et mieux utilisé nous permettrait peut-être de réduire notre abyssal trou Sécurité Sociale. « Mangez beaucoup d’ail, il rajeunit l’organisme et écarte les importuns. » Alexandre Vialatte (Avec un tel éloge, les producteurs d’aulx du Lot-Et-Garonne pourront nous en faire parvenir quelques liens pour l’an prochain). C’est tout un art de faire une bonne frotte, un cérémonial à observer, des gestes rituels à accomplir. Il faut d’abord choisir un bon quignon bien croûté si possible, le frotter consciencieusement ni trop fort ni pas assez sur toute la surface avec une belle gousse de manière que la croûte devienne humide et brillante de cet encaustique particulier. Le Laguiole bien dans la main, il faut savoir bien racler le gros morceau de lard pour obtenir une pâte onctueuse à étaler sur votre pain. Ensuite et à votre mesure vous saupoudrez le tout de gros sel. N’oubliez pas surtout de remplir votre verre avec modération, c’est à dire pas plus haut que le col et alors, alors seulement vous pouvez commencer à mordre à belles dents. Pendant ces agapes, les premiers cyclotouristes se pointaient timidement d’abord et ensuite par vagues successives. Pied à terre, il y avait une belle collection de deux roues et je regardai avec admiration et envie les pignons de ces vélos à côté du mien, gros clou qui s’apparente plus à un cheval de labour, qu’à un anglo-arabe. Là une équipe de bénévoles bien rodés de la 4ème randonnée de la pomme du Limousin, les accueillait et s’affairait à les restaurer. Christain Horenstein veillant à ce que l’intendance ne fasse pas défaut, car les participants se comptaient par centaines. Pour leur donner des jambes et leur insuffler du courage pour absorber les belles petites bosses du secteur, Patrick Roque à l’accordéon et Fabrice Cubertafond à la cabrette les motivaient par des airs entraînants Cela évidemment causait une animation particulière, beaucoup en profitaient pour admirer les splendides massifs floraux élaborés avec patience, ténacité, par un Comité de Fleurissement qui ne peut que forcer votre admiration. Je ne puis passer sous silence l’exposition de photos présentées par J.Cl Deschamps, qui nous offre une rétrospective complète de toutes les manifestations que Concèze et ses associations nous concoctent durant toute l’année. J’ai pu constater qu’il était bien secondé par sa fille qui se sent peut-être l’étoffe d’un grand reporter. Si la bicoque du feuillardier était toujours debout malgré le coup de vent d’il y a peu, le locataire faisait toujours défaut. Tant pis, cette année le feuillardier ne « tirerait pas la plane » en chantant. Tirons,
tirons la plane Un peu plus à l’écart, en contrebas de l’église, il ne fallait pas manquer l’exposition d’objets miniatures en bois, pour la plupart témoins d’une époque révolue, que Christian (encore un) nous présentait. Cela ne se raconte pas, il faut la visiter. Le soleil était déjà bien haut, lorsque après un apéritif maison, nous déballâmes notre pique-nique. Il fut tout de même préférable de mettre le couvert sous le couvert des arbres pour ne pas risquer l’insolation. Regret des absents, mais le plaisir aussi de voir quelques nouveaux visages, ce qui est toujours un encouragement. Bruit sympathique de bouchons qui sautent, bon pain cuit au four communal pétri par le chef boulanger Francis Pauly et ses mitrons, bonne humeur, que peut on espérer de mieux pour passer une saine journée. « Il ne faut pas de tout pour faire un monde. IL faut du bonheur et rien d’autre. » Paul Eluard Les desserts furent comme à l’accoutumée nombreux et variés, les tartes aux prunes appréciées à leur juste valeur. Des beignets aussi qui sans être au chocolat partirent en un éclair, merci encore au pâtissier, il se reconnaîtra bien. Au café, agrémenté pour ceux qui le désiraient d’une rasade de « Perrier », histoire de faire une petite bistouille, les conversations s’animèrent. Les amateurs de jeux de cartes, tapèrent le carton avec entrain, d’autres plus sportifs entamèrent une partie de pétanque acharnée, le cochonnet cerné de toutes parts. D’autres, et j’étais de ceux là se contentèrent de digérer. Insensiblement le soleil baissait, il fallait songer à se séparer. Il y avait « école » pour tous le lendemain, quelques jeunesses se préparant même à affronter l’internat. Alors, après un ultime pot d’au revoir, chacun reprit le chemin de ses pénates avec la promesse de se revoir l’an prochain. Christian
DUPRET |
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